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Ce blog sert de journal à notre collectif citoyen créé à Argentan (Orne) par des cheminots et des usagers pour la défense du service public ferroviaire dans le sud Normandie. Il rend compte des déclarations, des actions de ce collectif auprès de la population et des élus. Il présente aussi des réflexions pour la défense du service public.

RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN

RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN

Lors de la fête du train et des services publics en septembre 2019, des agents de la fonction publique sont venus témoigner sur la situation qu’ils vivaient à travers les réorganisations du système de santé, des impôts, de l’énergie et de la SNCF etc., soulignant notamment la fin de nombreuses missions qui n’allaient plus exister dans de nombreux territoires éloignés des grandes villes. Il en ressortait que la même logique libérale guide ces abandons, avec la volonté de transférer vers le privé les missions de service public pour apporter de nouvelles sources de profits aux multinationales de l’énergie, du transport ou des services. Quant aux missions essentielles, comme la santé ou le service des impôts, les intervenants notaient que la politique d’austérité se poursuit notamment par des milliers de suppressions de postes. Lors du débat, une infirmière de l’Aigle témoignait de façon bouleversante sur la situation vécue dans son hôpital : en effet, les différentes restructurations, accompagnées de suppressions d’emploi, amènent à des pertes de sens pour de nombreux soignants, notamment dans leur capacité à respecter l’éthique qui a nourri le choix de leur métier. Elle nous a fait part du contact téléphonique avec une de ses collègues qu’elle avait dissuadée de se suicider.

Il ne s’agit pas pour nous de verser dans le pathos, mais de dire que ce sont des milliers de situations de ce genre qui sont vécues par les agents des services publics. Elles existent également à la SNCF et malheureusement certains sont passés à l’acte tout comme de nombreux salarié-es de la santé. Dans le même temps qu’ils banalisent cette situation, le pouvoir et les directions d’entreprise continuent cette politique de casse. Cette orientation n’est pas sans conséquences pour les hommes et les femmes en charge d’exécuter des tâches et des métiers qui n’ont plus grand-chose à voir avec la conception qu’ils avaient du service public.

Qui mieux que l’ex PDG d’’Orange pour définir le fond de cette casse humaine et sociale ? En effet, celui-ci n’hésitait pas à déclarer à une sociologue lors d’un reportage : « qu’il fallait faire perdre la mémoire aux agents de leurs précédents métiers », (sous-entendu l’esprit du service public) en justifiant la méthode par le recours aux restructurations permanentes, en déplaçant les agents ou en les obligeant à faire des métiers qu’ils n’avaient pas souhaités. On sait ce que cela a coûté en vies humaines chez Orange et au final, la condamnation de son PDG.

La sociologue a démontré que cette stratégie était mise en place dans toutes les entreprises publiques et les services de l’État. Rien n’est de bien surprenant : tout ce petit monde sorti du même formatage idéologique cumule les jetons de présence dans tous les conseils d’administration pour se retrouver dans l’entre soi afin de s’octroyer des salaires exorbitants. Il est abonné à l’idéologie ultra-libérale de thinktanks financés par les multinationales et le patronat.

RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN
RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN
RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN
RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN
RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN
RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN
RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN
RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN

Comme on peut le constater les attaques sont globales et résident dans le fonds de la pensée idéologique néo-libérale dont le seul but est de tout déréguler et de livrer toute l’organisation de la société, de la naissance à la mort, à la logique du profit pour le plus grand bien des multinationales et de leurs actionnaires.

Cela se traduit dans le Rapport CAP 22, base du projet Macronien, document réalisé par des personnalités issues de la finance privée, de grands groupes industriels ou d'économistes néo-libéraux. Dans un mode de pensée uniquement dirigée par une vision budgétaire des missions des services publics, ce rapport se résume à ne laisser à l’État que les services régaliens (armée, police, justice), le reste devant être privatisé. Les atteintes tous azimuts contre les services publics se situent dans ce cadre. Ainsi, il y a quelques semaines, Mr Woerth, expert affiché du néo -libéralisme, ancien ministre, tançait le gouvernement de ne pas aller assez vite dans la casse des régimes de retraites et réclamait comme toujours la suppression de 200 000 fonctionnaires pour respecter les critères de Maastricht, lesquels fixent un déficit des dépenses publiques en dessous des 3% de la richesse nationale. Depuis la pandémie du coronavirus, on ne l’entend plus… !

Cette logique a abouti à la situation que nous connaissons aujourd’hui. De la prévention et de la prévision pour être en capacité de répondre à une situation d’épidémie, nous sommes passés à une gestion des stocks à minima pour faire des économies et réduire les dépenses de l’Hôpital public, endetté à hauteur de 30 milliards. Cela s’est traduit par des suppressions de lits (100 000 en 15 ans), le manque de matériel et de personnel qui sévit depuis. C’est cette même stratégie qui est développée à la SNCF où la politique du risque calculé remplace l’entretien préventif … sans qu’aucune leçon ne soit tirée des accidents ferroviaires de ces dernières années.

RECONSTRUIRE LES SERVICES PUBLICS, NOTRE BIEN COMMUN

Depuis plus de 30 ans, la construction européenne s’est faite sur les poncifs néolibéraux de « la concurrence libre et non faussée » en procédant par étapes et en fonction des résistances, notamment pour déconstruire le service public ferroviaire. La loi de juin 2018 en est l’illustre aboutissement par l’éclatement de l’entreprise SNCF en une holding de 5 sociétés anonymes, pour être en phase avec l’ouverture totale à la concurrence et l’entrée des opérateurs privés dans tous les domaines du transport ferroviaire…

De plus, cela ne pouvait se faire sans la casse du statut de cheminots qui ne sera pas sans conséquence sur l’avenir de ce qu’il reste de l’entreprise publique. Pour certains hommes politiques, il s’agissait avant tout de prendre une revanche sociale et idéologique en espérant casser l’esprit de résistance et celui de la défense du service public qui habite les cheminots.

Notre collectif par ses multiples actions pour défendre et améliorer les dessertes sur les axes bas-normands tout comme la présence humaine dans les guichets, dans les trains et sur les quais a rencontré un large écho auprès des usagers et de nombreuses couches de la population. Cela a permis d’organiser de nombreuses mobilisations qui ont abouti d’une part à ce que la Région et son Président Mr Morin reviennent sur les de nombreuses suppressions de trains et d’autre part à la décision de garder la SNCF comme opérateur pour les dix prochaines années.

Dans la situation actuelle de lutte et de mobilisation contre la pandémie, de l’aveu même de certains dirigeants, il est clair qu’avoir un seul interlocuteur comme la SNCF facilite la prise de mesures et de plus, lorsqu’il s’agit d’un service public, cela permet de se mettre en ordre de marche sans avoir à calculer le coût immédiat ou les marges à verser aux actionnaires. Autre idéologie, autre définition du bien commun !

Aujourd’hui, nos engagements et nos valeurs nous amènent à soutenir non seulement toutes celles et tous ceux qui sont dans les hôpitaux, dans les EHPAD, mais aussi les aides à domiciles indispensables à nos aînés, sans oublier toutes celles et tous ceux qui passent dans les gares, les « riens » comme l’avait dit le Président Macron pour justifier ses cadeaux aux plus nantis que sont les premiers cordées.

Ces derniers sont partis dans leurs résidences secondaires sur la côte et ailleurs en espérant que les premiers de corvée tiendront le coup pour leur permettre de faire leurs courses dans des magasins ravitaillés, de voir leurs poubelles ramassées, tout en souhaitant que l’hôpital public puisse les accueillir en lieu et place des cliniques privées où se pratiquent les dépassements d’honoraires pour les opérations chirurgicales les plus rentables ...

Aujourd’hui, Macron nous dit que la santé sera une priorité nationale, cela après deux années d’économies avec la suppression de 4500 lits et une gestion de la pénurie associée à un manque d’anticipation évident. L’urgence n’était-elle pas alors de passer en force la réforme des retraites ?

15 960 lits fermés à l'hôpital entre 2015 et 2017, inaccessibilité des transports en commun pour 27 % des Français
15 960 lits fermés à l'hôpital entre 2015 et 2017, inaccessibilité des transports en commun pour 27 % des Français

15 960 lits fermés à l'hôpital entre 2015 et 2017, inaccessibilité des transports en commun pour 27 % des Français

Macron nous parle également : « des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché ». En ce qui nous concerne, nous continuerons d’agir pour que la SNCF redevienne un véritable service public.

Nous continuerons de nous opposer à la fermeture des guichets et à cette injustice qui frappe les populations les plus fragiles en les plaçant devant des difficultés d’accès au train, en exigeant le retour de la vente physique aux guichets. Nous réclamerons les moyens humains et matériels pour assurer l’entretien et le renouvellement des voies et du matériel, ainsi que le développement d’une politique tarifaire attractive pour le plus grand nombre.

Des centaines de milliards sortent de partout pour soutenir les entreprises et même à celles qui continuent de déverser de larges dividendes à leurs actionnaires.

Comme pour la dette de l’Hôpital public (30 milliards), il faut également solder celle de la SNCF et de réseau ferré (55 milliards), qui serait de nature à donner une crédibilité au discours du Président de la République. De plus, il faut prévoir des investissements dans les deux cas pour rattraper les retards de ces deux grands services publics, indispensables à la Nation. C’est la meilleure solution pour faire face aux catastrophes médicales et environnementales à venir !

Le président du Collectif citoyen

Philippe Denolle

 

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